L'oiseau en cage

Un ouvrage-clé de l'œuvre poétique de Sri Chinmoy, avec une sélection de poèmes écrits entre 1971 et 1998.

Mon Seigneur, Ton Amour a capturé mes yeux,     Mon cœur, ma vie et mon tout. Me permettras-Tu de capturer La poussière bénie de Tes Pieds ? Voici passer mon Bien-Aimé, mon doux Seigneur,     Faisant tinter les clochettes de Ses Pieds. J’entends la musique de Sa Flûte     Résonner jusqu’aux horizons les plus lointains. Si seulement mon petit vacher pouvait jeter Un regard derrière lui, mais non, Sa marche le conduit  droit devant lui. O mes yeux, suis les traces de pas de mon Bien-Aimé. Aux tendres heures de la journée,     Mon petit vacher s’éloigne sur le chemin de terre.      Un sourire doux et serein sur les lèvres,     Il mène les troupeaux de multiples lumières. O MON SEIGNEUR DE BEAUTÉ Tu es beau, plus beau, plus beau que tout... D’une beauté que nul n’égale Dans le jardin du Paradis. Jour et Nuit, puisse Ton image demeurer     Au plus profond de mon cœur. Sans Toi, mes yeux perdent leur vision, Tout n’est qu’illusion, tout est désert. En moi et alentour, J’entends la complainte de sombres tourments. Mon univers est empli d’insupportables douleurs. O Seigneur, O mon merveilleux Seigneur, O mon Seigneur de Beauté, Dans cette vie, ne serait-ce que l’espace d’une seconde, Puissé-je connaître la grâce     De voir Ton Visage. ENTRE LE NÉANT ET L’ÉTERNITÉ Vide d’actions Pleine de prétentions, Ma vie sur terre. Obscurité Est mon vrai nom. Je vis entièrement Tourné sur moi-même. Je n’entoure pas la moindre âme De mes bras. Autour de moi, Je ne vois pas le moindre esprit Digne de mon calibre. Je suis seul Entre l’échec Et la frustration. Je suis le fil rouge Entre le Néant Et l’Eternité. UNE DOUCE LANGUEUR Je suis bercé d’une douce langueur Pour le terroir de la Réalité. Ma vie ne sera plus Fondée sur des illusions perdues. Les réalités éclatées, brisées et pulvérisées De la vie ne parviendront plus à torturer     Mon cœur intrépide. Dorénavant, seule la Réalité-Dieu s’épanouira       Dans mon esprit, Seul l’Amour-Dieu grandira     Dans mon cœur, Seule l’Etreinte-Dieu rayonnera     Dans ma vie. La question éternelle de l’homme est :     “Qui est Dieu ?” La réponse immédiate de Dieu est :     “Mon enfant, qui d’autre est Dieu,     Sinon toi ?” Mon Seigneur Suprême Absolu,     Ce matin, Lorsque mon cœur T’a surpris Dans Ton humeur ludique, Celle avec laquelle Ta Vision s’épanouit , Tu m’as aussitôt rendu Mon enfance éternelle Pour me permettre De Te sourire avec ferveur, De jouer avec Toi jour et nuit Et de danser avec Toi à en perdre haleine. UNE GOUTTE DE GRATITUDE L’offrande d’un aspirant D’une goutte de gratitude pour Dieu Est aussi belle qu’une rose Tenue par Dieu dans Sa propre Main. JE SAIS À QUI J’APPARTIENS C’est vrai, Je ne sais pas     Qui je suis, Mais je sais fort bien     À qui j’appartiens. Ne cessez pas de rêver ! Un jour, votre rêve-paix du monde Inondera le monde tout entier.         Le pouvoir Est l’exterminateur des doux rêves de l’homme.     L’amour Est le réalisateur des doux rêves de l’homme. UN MOMENT DE VÉRITÉ     Un moment de vérité Peut faire de ce monde un beau monde       Et il le fera.     Un moment de paix Peut sauver le monde     Et il le sauvera.     Un moment d’amour Peut faire de ce monde un monde parfait     Et il le fera. AU-DELÀ DU CIEL-SOLEIL LEVANT     Navigue Au-delà du ciel-soleil levant.     Atteins Le But-Sommet Avant les larmes-soleil couchant. LE NAVIRE DU TEMPS Le ciel m’appelle. Le vent m’appelle. La lune et les étoiles m’appellent. Les lourdes frondaisons vertes m’appellent. La danse de la fontaine m’appelle. Les sourires m’appellent, Les larmes m’appellent. Une lointaine mélodie m’appelle, Le matin, le midi et le soir m’appellent, Chacun cherche un compagnon de jeu. Chacun m’appelle : “Viens ! Viens !” Tout autour de moi, une seule voix, un seul son... Hélas, le Navire du Temps     Poursuit sa course. Le mental qui ne cherche pas     La Lumière de Dieu Finit par se retrouver au milieu des débris     De pensées éparses.     O mon cœur, Tu tentes désespérément De discipliner mon mental. Ne sais-tu pas que c’est  aussi vain Que d’essayer de maîtriser le vent ? Mon Seigneur Suprême, Si Tu m’aimes vraiment, Alors kidnappe mon cœur     Ici et maintenant ! J’ÉCOUTERAI TON ORDRE J’écouterai Ton Ordre, Je L’écouterai. Dans Ton Ciel je volerai, je volerai. Tu es éternellement à moi, tout à moi. Tu es la richesse de mon cœur. Pour Toi, la nuit, je verserai des larmes. Pour Toi, dès l’aube, je sourirai, plein de lumière. Pour Toi, pour Toi, O Bien-Aimé, pour Toi seul. LE PONT-SILENCE DE DIEU Aucun mental ne peut arriver Au Pays de Dieu Sans traverser Le Pont-Silence de Dieu. UN SEUL ESPOIR Oh, brise tous mes espoirs Et ne m’en laisse qu’un seul : L’espoir d’apprendre Le langage de Ton Silence intérieur Dans ma soumission la plus totale,     Et inconditionnelle. Dans Ton Ciel limpide et libre, Je vivrai serein et parfait. L’oiseau de mon cœur danse aujourd’hui Dans un festival de Lumière céleste. DANS LE JARDIN DE LUMIÈRE-AMOUR Dans le jardin de lumière-amour, En un rêve-silence, O Beauté Éternelle ! Mon cœur repose dans Ton Étreinte. DANS MON AUBE-CŒUR ET MON SOLEIL-ÂME. J’ai adoré les marches du matin de ma vie. La beauté-espoir conduisait mes yeux et guidait mes pas. J’adore les courses de la mi-journée de ma vie. La vie nue de la réalité A envoyé l’incertitude dans l’exil-destruction. J’adorerai les pas hésitants du soir de ma vie. La vie divine embrassera l’abîme de la science. Le soir ne marque pas la fin. Le soir est le précurseur     D’une aube plus pure     Et d’un soleil plus brillant. Ma préparation commencera dans mon aube-cœur. Ma perfection fleurira dans mon soleil-âme. UNE QUESTION SANS RÉPONSE Une question     Est restée         Reste,             Et restera toujours         Sans réponse : Qui n’est pas Dieu ? Une vie sans aspiration     Est certes une vie-échec Qui passe et repasse     Le tourniquet de l’Eternité. Ma prière Est l’ancre de ma vie.     Ma méditation Est le compas de ma vie. Lorsque je médite, Je vois un oiseau-paix Repliant ses ailes Au-dessus de mon nid-cœur. Ce que le monde recherche en vous Est la foi constante de votre cœur     Et non La philosophie qui domine votre mental. LES PÈLERINS DU SEIGNEUR SUPRÊME. Nous sommes les pèlerins du Seigneur Suprême,     En Route vers l’Infini. Nous avons fait voler en éclats     La porte de l’obstruction. Nous avons vaincu La nuit d’obscures ténèbres, l’inconscience, Ainsi que l’éternelle, invincible peur de la mort. Le Bateau de l’aube de la Lumière céleste Nous appelle, Et le Pilote-Monde Du  lien sacré de l’Amour divin Nous appelle. Les Mains du Libérateurs nous attirent     Vers l’Océan du grand Inconnu. Ayant conquis le souffle-vie     Du Monde de l’Immortalité, Et brandissant l’Étendard     Du Seigneur Suprême, Nous reviendrons, Nous, les gouttes et les flammes     De la lumière-transformation.