Sri Chinmoy et la musique

LA MUSIQUE DE L’ÂME


La musique transcende les barrières
Des nations, des nationalités et des religions.
C’est à travers la musique
Que le sentiment universel d’unité
Peut être suscité en un clin d’œil.

                                                        Sri Chinmoy




«La musique est le langage intérieur ou universel de Dieu. Il n’est point nécessaire de parler toutes les langues lorsque l’on peut s’exprimer par le biais de la musique, l’essence même de la musique pénètre le cœur qui s’identifie à cette musique.
A partir de ce moment, nous n’avons pas besoin de communiquer extérieurement par la parole ; ce que la musique transmet intérieurement au cœur suffit.»

«La musique qui vient du cœur est la musique psychique et la musique qui vient du plus profond du cœur vient de l’âme. La musique, ce n’est pas seulement jouer d’un instrument. La musique nous rend réceptif à quelque chose de plus élevé, quelque chose qui vient d’un monde supérieur. Tout d’abord le musicien le reçoit, et ensuite il l’offre au monde entier.»

"La musique de l’âme élève immédiatement notre conscience. Elle nous fait ressentir que nous sommes en accord avec le plus haut, avec le plus profond, avec le plus loin.»


Sri Chinmoy est un homme qui a consacré sa vie à l’expression de la musique du Soi intérieur le plus profond. Il n’est pas un compositeur professionnel, ni davantage un interprète professionnel, car sa musique se situe bien trop loin des préoccupations hautement technologiques et sophistiquées de ceux-ci. Elle jaillit spontanément de sa source et l’âme qui sait la recevoir ne voudrait en aucun cas l’emprisonner dans un système quel qu’il soit. C’est pourquoi Sri Chinmoy ne souhaite ni apprendre ni interpréter mentalement la musique. Il ne désire que transmettre immédiatement le reflet le plus fidèle de ce qu’il perçoit psychiquement. Il en découle naturellement une musique d’une simplicité étonnante, parfois déroutante, car loin d’être une simplicité primaire qui pourrait être celle du novice ou du non professionnel, elle est de celles qui ont déjà traversé toutes les complexités. On ne peut s’empêcher de l’attribuer alors à sa pureté.

La musique de Sri Chinmoy est en effet épurée de tous les artifices d’écriture qui laissent prise aux exégètes, de toutes les sollicitations qui flattent le virtuose, en fait, de tout ce qui ne s’adresse pas directement à l’âme, en son langage.
Cela dit, il ne faudrait pas en conclure que la musique de Sri Chinmoy vive dans une sorte de domaine ésotérique inaccessible. Bien au contraire, la réalisation du maître signifiant avant tout son identification avec l’humanité souffrante et sa volonté de la soulager, sa musique adopte spontanément une trajectoire semblable.

Sa diversité d’inspiration est aussi vaste que sont innombrables les sentiments humains. Certaines de ses musiques sont empreintes d’une joie rythmée et débordante, d’autres d’une infinie mélancolie, où se réflète toute la nostalgie de l’homme devant sa condition terrestre, d’autres encore sont animées d’une puissance inattendue ou d’une tendresse maternelle. Mais à l’écoute, ces sentiments n’apparaissent pas comme une finalité, mais comme une identification passagère du musicien, destinée à lui faire mieux connaître les affections qu’il doit guérir.

LE MESSAGE

 
Sri Chinmoy est né en 1931 au Bengale, au nord de l’Inde, dans une famille très pieuse dont il est le septième et dernier enfant. Dès ses premiers balbutiements, il apprend des chants dévotionnels. Orphelin à l’âge de 12 ans, il rejoint ses frères et sœurs à l’Ashram —communauté spirituelle—de Sri Aurobindo, au sud de l’Inde. Il y passe vingt ans d’une discipline intérieure intense menée de pair avec une éducation académique, sportive et culturelle traditionnelle. C’est à l’harmonium indien qu’il compose ses premiers chants fervents, très emprunts de tradition indienne bhakti (dévotionnelle). Il met également en musique des couplets des Vedas et des Upanishads, ainsi que d’autres écrits yoguiques indiens, dont ceux du maître de son Ashram. Il dédie également des chants à des occasions spéciales, ou à des individus.
En 1964, Sri Chinmoy quitte l’Inde pour New York, où il vit depuis. Il consacre sa vie entière à encourager l’unité et l’harmonie dans le monde en préconisant une recherche de la perfection intérieure intimement liée au développement extérieur de l’être. Pour Sri Chinmoy, le spirituel doit être vécu dans la vie quotidienne. «Vous êtes des héros intérieurs, dit-il, mais ne fuyez pas la vie extérieure, car elle est votre terrain de lutte.» Et il ajoute : «Nous voulons tous transformer la matière, transformer les contraintes qu’elle nous impose, transformer la société. Mais, afin de transformer quoi que ce soit, ne convient-il pas de l’accepter au préalable ? Si le potier n’acceptait pas de toucher l’argile de ses mains, comment donnerait-il forme à un vase de toute beauté ?»
Lui-même poète, peintre et musicien, Sri Chinmoy encourage l’expression et la création artistiques sous toutes leurs formes. Dans le domaine de la musique, il a écrit plus de 7 000 chants dévotionnels, pour la plupart dans sa langue natale, le bengali, mais également en anglais, en sanscrit ou en français. Leur plus grande particularité est peut-être qu’ils ne se contentent pas de décrire une situation, une émotion ou une prière, mais qu’il font véritablement descendre ces réalités tout au long de leur ligne mélodique d’une pure beauté. Que l’on écoute sa musique ou bien que l’on interprète soi-même ses chants, on a l’impression de s’élever de l’individuel à l’universel, du fini à l’infini, du son au silence.

«Eveille-moi à Ta musique pour la vie,
ô Maître-Musicien.
Mon cœur veut connaître cette nouvelle musique.
Ma vie se confond maintenant avec les hauteurs de l’extase.»




UNE ETONNANTE VARIETE D’INSTRUMENTS


«La musique ne connaît pas de frontières.
Sa contribution à l’équilibre émotif humain et divin est insondable.»


L’universalité de la musique de Sri Chinmoy se traduit tout naturellement par une très grande variété d’instruments, des instruments occidentaux les plus classiques aux instruments populaires d’un grand nombre de pays. Même si son instrument de prédilection a toujours été l’esraj indien aux multiples cordes sympathiques, il joue beaucoup de son harmonium, son tout premier instrument. Parmi les instruments à cordes, il joue également du violon et du violoncelle, de la harpe. Parmi les instruments à vent, la flûte traversière, la double-flûte de bambou, le koto japonais, les flûtes chinoise et marocaine, la flûte à gourdes australienne, l’ocarina et la clarinette.
En 1987, il commença à exécuter des improvisations au piano, au synthétiseur et aux grandes orgues, recueillant des éloges significatives partout dans le monde. Ses impro
visations aux claviers ne sont limitées par aucune restriction dans la composition et peuvent être décrites comme un raz de marée sonore balayant ses improvisations incomparables dans un énoncé orchestral rempli à la fois de paix et de puissance.
Il a joué dans des lieux sacrés comme la Basilique Saint Pierre, le Vatican, l’Abbaye de Westminster, la cathédrale de Saint-Denis, et celle de Saint Jean le Divin à New York. A l’audition des premiers enregistrements de ses performances, de nombreux musiciens classiques, de jazz et de musique contemporaine se sont dits abasourdis par les capacités étonnantes de Sri Chinmoy, son contrôle rythmique radical et mystérieux et son pouvoir dynamique explosif qu'ils qualifient de force irrésistible d’un étonnant raz de marée d’inspiration.


LES CONCERTS

C’est en 1984 que Sri Chinmoy commença à offrir des concerts dans le monde entier. Le premier de ses concerts réunit 8 000 spectateurs dans la grande Halle de Cologne, en Allemagne. Il a depuis offert plus de 600 concerts de par le monde, et s’est produit dans des salles prestigieuses comme le Carnegie Hall et le Lincoln Center à New York, le Royal Albert Hall à Londres, le Zénith à Paris, le Nippon Budokan à Tokyo et l’Opéra de Sydney. Il joue le plus souvent d’une douzaine d’instruments, mais il lui est arrivé de jouer jusqu’à 150 instruments différents en un seul concert.
A la suite d’un concert de Sri Chinmoy à Paris en 1984, un journaliste du Monde observa : «Curieusement, on avait le sentiment que la foule n’était pas venue pour la musique, mais pour ce qu’il y avait entre les morceaux, c’est-à-dire le recueillement, prolongé seulement par les sons.»


SRI CHINMOY ET SES ELEVES


Il arrive parfois que Sri Chinmoy invite ses élèves à chanter lors de ses concerts. Beaucoup de groupes d’amateurs vocaux et instrumentaux se sont en effet formés dans ses centres du monde entier, et interprètent sa musique en public pour le plaisir d’offrir.

«Donnez quelque chose de nouveau ; donnez au monde une musique qui vient directement de votre âme, une musique qui aidera l’humanité à élever sa conscience. Non pas ce que le monde connaît depuis des années et des années, mais quelque chose que les gens n’ont jamais vu, ni ressenti, ni entendu.»





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